savoirs – AVERSES D’informations = DESINFORMATION totale – Confusion dans tous les domaines

CET ARTICLE CONCERNE LA BELGIQUE, MAIS JE SUIS SURE QUE NOUS AVONS LES MEMES PROBLEMES EN FRANCE .

Pour un journalisme d’éducation permanente

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Saviez-vous qu’Hugo Chavez était un chanteur de rock, Mohamed ElBaradei, un terroriste trop longtemps emprisonné à Guantanamo, et Jean-Michel Javaux, le ministre belge des Affaires étrangères ?Telles sont quelques-unes des perles que m’ont offertes, au début de l’année scolaire, sur les plateaux de leurs copies, des étudiants à qui je donnais cours de Relations internationales.Et ce n’est pas tout : 56 % ignoraient à quel pays renvoyait le terme « Hexagone », 37% ne connaissaient pas la capitale de l’Afghanistan, et plus grave encore, 21 % d’entre eux ne savaient pas ce qu’était l’Holocauste ou la Shoah ! Si, si, vous avez bien lu ! Pourtant, les auteurs de ces (non) réponses ont tous en poche un diplôme de l’enseignement secondaire !Voilà qui m’avait fortement interpellée ! Au cours du premier trimestre, j’ai dès lors mis toute mon énergie à essayer de faire progresser leurs connaissances. D’autant que ces étudiants sont majoritairement sympas, participatifs, qu’ils posent sans arrêt des questions et semblent réellement désireux d’apprendre et de comprendre les grands enjeux de notre époque. Pas du tout le profil d’élèves qui n’en auraient « rien à cirer » de ce qu’on leur raconte. Non. Une classe à qui il est réellement agréable de donner cours.Apparemment, nos efforts communs ont porté leurs fruits : je termine en ce moment la correction des copies d’examens et les résultats sont globalement bons à très bons. Afin de disposer d’« indicateurs de progrès objectivement mesurables », j’ai posé un certain nombre de questions identiques en début d’année scolaire et lors de l’examen final de janvier. Et dans ce dernier, ils sont 100% à savoir ce que veulent dire les termes « Holocauste » et « Shoah » ; 100% aussi à savoir qui est Hugo Chavez (contre 41 % en septembre), ou ce que signifie le sigle ONU (contre 84 % lors du premier test). Seul le score concernant Yves Leterme est un peu moins brillant, puisque 10 % des étudiants ignorent toujours qu’il est le Premier ministre de notre royaume.Bref, je suis un professeur HEUREUX de cette belle progression !Mais ce bonheur n’enlève rien à la gravité de la situation. Le test réalisé en septembre montre qu’une fraction importante des élèves qui sortent d’humanités n’a pas les connaissances requises pour comprendre un simple journal télévisé, ni pour jouer correctement son rôle de citoyen.Alors que faire ? S’il semble difficile d’éluder une réflexion approfondie sur la qualité de notre enseignement primaire et secondaire, il est tout aussi urgent de repenser la pratique du journalisme, en essayant de promouvoir un journalisme d’éducation permanente.Ce concept, sur lequel je travaille depuis des années et que j’ai essayé de mettre à l’honneur au sein de la revue Enjeux internationaux, consiste à donner aux lecteurs des clés pour mieux comprendre la marche du monde et les grandes questions de notre temps.Le journalisme d’éducation permanente veille à présenter clairement les différents acteurs d’un événement, à replacer ce dernier dans son contexte, à la fois historique et culturel, économique et politique, et à expliquer les termes qui pourraient ne pas être compris.« Madame, c’est quoi un minaret ? », m’a demandé discrètement un étudiant, lors de la pause entre deux cours, alors que nous venions de débattre durant plus d’une heure des résultats de la récente votation suisse sur ce sujet.
Pendant une fraction de seconde, je me suis demandé s’il se moquait de moi, mais non ! Mea culpa : j’avoue que si je n’ai pas expliqué ce terme au cours, c’est parce que jamais je n’aurais imaginé qu’un jeune de son âge et de son niveau d’instruction puisse en ignorer la signification.Ma récente double casquette de professeur et de journaliste s’avère décidément bien utile pour mieux appréhender la réalité des savoirs ! Elle renforce aussi ma conviction qu’un journalisme qui aurait à cœur d’expliquer sans simplisme ce qu’est l’Holocauste, un minaret, un génocide, ou quelle est la différence entre musulman et islamiste, contribuerait à lutter contre une dualisation et une désaffection médiatiques de plus en plus palpables.Clairement à contre-courant d’une tendance médiatique dominante, qui braque les projecteurs sur la violence, célèbre le people et la frivolité, opte quasi systématiquement pour la mise en scène et la surenchère, le journalisme d’éducation permanente se veut au contraire de qualité sans être élitiste.C’est donc une philosophie du métier, un état d’esprit, une démarche politique qui favorise et renforce la démocratie, en fournissant aux citoyens les informations et explications nécessaires pour remplir adéquatement leur rôle et participer pleinement à la vie de la cité.
 


3 commentaires

  1. Incroyable cette ignorance de notre jeunesse,sont-ils victimes d’un système juste aberrant,
    où il est bon que le peuple ne pense trop ?!!,
    très bonne soirée à toi.

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