Archive pour 23 novembre, 2012

qui est SALVADOR DALI

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 RENCONTRE  AVEC  SALVADOR  DALÍ

Signé Dali

L’exposition « DalÍ » se déroule du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013 au centre George Pompidou. L’occasion de découvrir  la collection d’œuvres offertes par l’artiste espagnol à celui qui fut son ami et secrétaire, Enrique Sabater. Moustaches emblématiques, apparitions loufoques, œuvre révolutionnaire : Salvador Dali est bien plus qu’un artiste complet. Il est un personnage à lui tout seul ! Biographie et vidéos du maître surréaliste.
Retrouvez ses phrases célèbres et surréalistes dans Dites-le avec Dali.

L’expérience surréaliste

Toute sa vie, Salvador Dali aura été un personnage à lui tout seul ! Né le 11 mai 1904 en Catalogne, ses parents lui donnent le nom de son frère aîné, décédé un an auparavant. Un événement qui pourrait expliquer sa mégalomanie légendaire… Le jeune Salvador commence à dessiner très tôt : à sept ans, il peint son premier tableau. Il s’essaie à tous les styles. Il entre à l’école des Beaux-Arts de Madrid, mais son expérience s’envole avec la rencontre, en 1928, d’André Breton et du groupe des surréalistes : Tristan Tzara, Louis Aragon, Paul Eluard… et sa femme : Gala. L’apparition de celle-ci est une révélation pour Dali : les deux ne se quitteront plus.

Fascination pour la psychanalyse

Auprès des surréalistes, Salvador Dali développe son exploration de l’inconscient, comme par exemple, avec les montres molles de « Persistance de la mémoire ». Il élabore aussi sa « méthode paranoïaque-critique », d’« objectivation des phénomènes délirants », c’est-à-dire, essentiellement des univers érotiques intrigants qui chamboulent le monde de l’art. Dali nourrit son inspiration dans ses psychoses et peint ses obsessions les plus enfouies : « Durant la période surréaliste, j’ai voulu créer l’iconographie du monde intérieur, le monde merveilleux de mon père Freud et j’y suis arrivé », affirmera-t-il quelques années plus tard. Mais en 1938, Dali est exclu du groupe avant-gardiste pour « actes contre-révolutionnaires », une attitude confirmée par son approbation passive du franquisme. Le peintre choisit alors de s’exiler aux États-Unis. Il y restera neuf ans et son œuvre y rencontrera un immense succès commercial. Il retourne définitivement en Espagne en 1949. Il peint de grands tableaux aux prétentions classiques (comme le « Christ de saint Jean-de-la-Croix »), pratique l’assemblage, peint des oursins. Son œuvre est de plus en plus marquée par le mysticisme mais s’enrichit aussi d’expériences diverses.

Du cinéma à la mode : la touche de folie Dali

Certes Dali est avant tout un peintre. Mais il ne se contente jamais des limites de sa toile qui, pour lui, enferment l’expression artistique. Il participe à la réalisation de plusieurs films, dont « La Maison du docteur Edwardes » d’Hitchcock. Il imagine des costumes de théâtre, se fait un nom dans la mode et le design (il ira jusqu’à créer la toile Daligram, une déclinaison de la célèbre toile monogramme de Vuitton). Le génie de Dali s’intéresse aussi à la photographie et à la science. Mais surtout, il transforme ses premières images peintes en sculptures : il s’agit alors de les matérialiser, de concrétiser ses pensées et d’immerger complètement le spectateur dans l’imaginaire de l’artiste.

Le mou, le dur. Les thèmes daliniens.

Pour cela, Dali va utiliser des thèmes récurrents d’une œuvre à l’autre. Si la forme diffère, le fond subsiste. Par exemple, omniprésente dans son oeuvre de maturité, la représentation du « dur » et du « mou ». Quand il sculpte, il travaille souvent en commençant par une pâte molle, faite d’argile, de cire, à laquelle il donne la forme qu’il souhaite. Puis il moule cette forme, pour lui donner la dureté que lui confère, après avoir été coulée, une matière telle que le bronze. De même, le rêve et l’ imaginaire, Dali pensant que le rêve est la seule et unique expression véritable et significative de sa personnalité. Avec la religion et la mythologie, Dali considère que l’inconscient individuel se reflète dans les mythes et inversement les mythes dans l’individu… Enfin, la sensualité et la féminité témoignent des anxiétés sexuelles de l’artiste, de ses obsessions dans son rapport aux femmes… L’homme le plus original de son époque est aussi un provocateur. Chaque apparition est un véritable happening. Même plus de 20 ans après son décès (il disparaît le 23 janvier 1989 d’une défaillance cardiaque), adulation et critique se mêlent à l’évocation de son nom, de son œuvre.

Miniature

Mecano : « Eungenio » Salvador Dalí

 

Paroles et traduction de « Eungenio Salvador Dali »

Eungenio Salvador Dali (C’est Un Genie Salvador Dali)

Dali se desdibuja
Dali s’efface
Tirita
Manipule
Su burbuja
Sa bulle
Al desconfiar latidos
En se mefiant des bruits de son coeur
Dali se decolora
Dali se décolore
Porque esta lavadora
Car cette machine à décolorer
No distingue tejidos
Ne distingue pas les tissus
El se da cuenta
Il s’en rend compte
Y asustado se lamenta
Et effrayé se lamente
Los genios no deben morir
Les génies ne doivent pas mourir
Son mas de ochenta
Ils sont plus de quatre vingt
Los que curvan tu osamenta
Ceux qui te regrette
« Eungenio » Salvador Dali.
tu es un genie Salvador Dali.

Bigote rocococo
Moustache rococo
De donde acaba el genio
D’où fini le genie
A donde empieza el loco
Où commence le fou
Mirada deslumbrada
Regard ébloui
De donde acaba el loco
D’où fini le fou
A donde empieza el hada
Où commence le magicien
En tu cabeza se comprime la belleza
Dans ta tête se comprime la beauté
Como si fuese una olla expres
Comme si c’était une cocotte minute
Y es el vapor que va saliendo por la pesa
Et c’est la vapeur qui sort du bouchon
Magica luz en Cadaques.
Lumiere magique sur Cadaques.

Si te reencarnas en cosa
Si tu te réincarnes en objet
Hazlo en lapiz o en pincel
Fait le en crayon ou en pinceau
Y Gala de piel sedosa
Et Gala à la peau soyeuse
Que lo haga en lienzo o en papel
Qu’elle le fasse en toile ou en papier
Si te reencarnas en carne
Si tu te réincarnes en chair
Vuelve a reencarnarte en ti
Reviens te réincarner en toi
Que andamos justos de genios
nous manquons de génies
« Eungenio » Salvador Dali.
et tu es un génie Salvador Dali.

Realista y surrealista
Realiste et surrealiste
Con luz de impresionista
Avec une lumiere d’impressionniste
Y trazo impresionante
Et un tracé impressionnant
Delirio colorista
Delire coloriste
Colirio y oculista
tu peins des yeux
De ojos delirantes
Des yeux délirants
En tu paleta mezclas misticos ascetas
Sur ta palette tu mélanges des mystiques ascètes
Con ballonetas y con tetas
Avec des baillonnettes et des seins
Y en tu cerebro Gala Dios y las pesetas
Et dans ton cerveau Gala la déesse et les pesetes
Buen catalan anacoreta.
Bon ermite catalan.

Si te reencarnas en cosa
Si tu te réincarnes en objet
Hazlo en lapiz o en pincel
Fait le en crayon ou en pinceau
Y Gala de piel sedosa
Et Gala à la peau soyeuse
Que lo haga en lienzo o en papel
Qu’elle le fasse en toile ou en papier
Si te reencarnas en carne
Si tu te réincarnes en chair
Vuelve a reencarnarte en ti
Reviens te réincarner en toi
Queremos genios en vida
Nous voulons des génies en vie
Queremos que estes aqui
nous voulons que tu sois ici
« Eungenio » Salvador Dali.
tu es un génie Salvador Dali

 

D A L Í

 

C’était Dalí

Son œuvre s’est imposée, par son abondance, sa perfection formelle, ses transgressions, ses facéties, comme l’une des plus significatives de notre temps.

Mais, la formidable rétrospective organisée en cet automne par le Centre Pompidou permet de le mesurer, son destin nous éclaire surtout sur l’un des drames de la modernité. Dalí a pratiqué tour à tour le cubisme, le futurisme, la peinture métaphysique, le surréalisme, l’expressionnisme américain. Il a voulu réconcilier la mystique et le progrès scientifique.

Il a inspiré le pop art sans attendre les boîtes de soupe qui vaudraient à Andy Warhol sa célébrité. Il peut paraître résumer, en sa personne, les tâtonnements et les avancées du siècle. Mais il semble en avoir, plus qu’un autre, senti les impasses. Picasso avait inventé, avant lui, un mode d’appréhension du réel qui avait révolutionné l’art de peindre. Il avait aussi donné le signal d’une course insatiable à la provocation, à la nouveauté pour la nouveauté. Dalí n’a rien découvert de comparable. Il s’en est consolé en expérimentant tous les styles, en poussant leur logique jusqu’à l’absurdité, comme pour en montrer le caractère institutionnel, fabriqué, et pour tout dire pompier. Il a trouvé lui-même dans l’hypertrophie du classicisme sa marque propre, sa véritable originalité. Quoi de plus provocant, de plus surréaliste que de se proclamer catholique et franquiste ? De plus neuf que d’essayer de peindre comme Vélasquez ? Toute l’œuvre de Dalí peut se lire comme une tentative désespérée, pathétique, de reprendre le fil de la tradition européenne, de s’inscrire dans la continuité du grand art occidental en renouant avec la forme que le cubisme avait fait exploser. Il lui fallait le faire admettre en un temps où le goût, la beauté tiennent moins de place que le snobisme, la passion de surprendre : il a pratiqué les installations, le happening, les performances avec une inventivité qui renvoie le homard en plastique de Jeff Koons au terminus des prétentieux.
Sa modernité nous paraît, parfois, bien datée, tant certaines de ses toiles semblent conçues pour le décor d’un film des années 1970, avec Louis de Funès et Claude Gensac. Ses tableaux ne suscitent guère l’émotion, ils ne parlent pas à l’âme. Ce qui s’y exprime, c’est une virtuosité qui tourne sans repos sur elle-même, et lui permet de métamorphoser une femme en cheval, de donner vie à des membres désarticulés et de pasticher avec une facilité déconcertante la manière de ses devanciers. Ses personnages paraissent ignorer la peur, l’amour, le remords, la tendresse, la colère, l’enthousiasme. Ils sont en quelque sorte absents d’eux-mêmes.

Construction molle avec haricots bouillis ou Débris d’une automobile donnant naissance à un cheval aveugle mordant un téléphone, ses œuvres ne répondent la plupart du temps qu’à des titres dont l’incohérence défie toute tentative pour les interpréter. Leur hyperréalisme interdit d’y voir le produit d’un pur automatisme. Il nous oblige à croire qu’elles ont été pensées. Sans doute prétendent-elles exprimer une réalité qui échappe à nos yeux, des phobies, des fantasmes, un malaise qui seraient le lot de toute l’humanité. Elles ne semblent souvent viser qu’à susciter l’étonnement, la curiosité ; témoigner d’une fascination naïve pour les miracles de la technique, d’un goût de la provocation qui transforme l’art en spectacle commercial.

Elles délivrent pourtant un message d’une tout autre portée. Elles nous disent la douleur de l’artiste devant son impuissance à ressaisir le secret perdu des maîtres du passé, la nostalgie de leur aisance souveraine à apprivoiser la beauté.

 

Michel de Jaeghere

Directeur de la rédaction du Figaro Hos-série


 

 

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