Archive pour 18 juillet, 2012

LES DEPUTES DEFENDENT LEURS PRIVILEGES

Le quinquennat de FRANCOIS  HOLLANDE sera-t-il celui de la transparence sur les

frais des députés  ?

 

Rien n’est moins sûr à voir l’accueil réservé à l’amendement du

député centriste CHARLES  DE  COURSON  : 

 

Ses collègues de la commission des finances ont rejeté comme un seul homme,  la

semaine dernière,  sa proposition visant à fiscaliser l’indemnité représentative de

frais de mandat  (IRFM).

 

  Cette indemnité de  6412 € mensuelle doit faire face à des frais divers non pris en charge ou

remboursés par l’assemblée. Elle est distincte de l’indemnité parlementaire ( le

salaire) proprement dite de 7100 € brute mensuelle

 

Aucun controle n’est exercé sur cette indemnité de frais.

 

« Récemment une députée m’ a demandé si elle pouvait financer ses robes

avec l’IRFM » raconte Charles COURSON !!

 

Les révélations du site MEDIAPART  au printemps, selon lesquelles le

député PS  Pascal Terrasse se serait payé des vacances en famille sur son

IRFM  (ce que le député nie), ont fait prendre conscience aux élus que les

choses ne pouvaient rester en l’état.

 

La présidence de l’Assemblée   » réfléchit à une solution qui se situerait entre une

fiscalisation et une justification, pour sortir de la suspicion » 

 

Claude Bartolone devrait ainsi prendre des initiatives « avant la fin de l’année ».

 

AFFAIRE A SUIVRE

 

Source Le Parisien

 

 

Il est à remarquer que tous les députés de droite comme de

gauche, sans exception, ont rejeté l’idée de payer des impôts

sur l’IRFM 

 

Elle est belle la mentalité des élus du peuple En l’occurence, ils

ne parlent pas du symbole de faire payer les riches d’abord, en

toute justice.

 

 

 

demande-t-on aux salariés  s’ils sont d’accord de payer des

impôts sur leurs primes  ?  si toutefois ils en ont  ! ! !

 

 

Ce que coûte le Sénat et la chambre des députés

03 Septembre 2010 Par Philippe WAESELYNCK

On discute beaucoup de M Eric Woerth. Pourquoi ne parle t-on pas des sénateurs et des députés et de leur train de vie somptueux.

Les députés sont raisonnables. D’un côté ils dépensent 280 millions d’euros pour leurs indemnités, frais de représentation, ainsi que 156 millions de frais de personnel, et encore cela concerne l’année 2007. AU total, quand on divise par 577, le nombre de députés, cela nous coûte 755 600 euros par député…..Les députés ne paient pas d’impôt, sauf s’ils ne dépensent pas leur indemnité représentative de Frais de Mandat de 6329 euros, dont on se demande à quoi elle sert, car tous leurs frais et même au delà sont déjà payés par l’assemblée nationale( transport, informatique, 4 téléphones, timbres, carte SNCF en 1°……). Ils disposent également d’une enveloppe de 9021 euros pour payer des collaborateurs, qui dans la pratique sont des membres de leur entourage ou de la famille…..Pourquoi ne sont-ils pas soumis à l’impôt? Que dire de leur indemnité de 6000 euros pendant 5 ans s’ils ne sont pas réélus?

Les 24 hauts fonctionnaires les mieux payés de l’Assemblée reçoivent une rémunération brute annuelle de 213.000 € soit 17750 euros brut par mois….

 

Les sénateurs font beaucoup mieux. Le Sénat dépense 343 millions d’impôts et se compose de 343 sénateurs, chaque sénateur nous coute 1 million d’euros par an……

Et ce n’est pas tout. Alors que la loi oblige le Sénat à donner ses comptes à la cour des comptes, les sénateurs continuent à ne pas les donner et à conserver des sommes énormes pour leur caisse de retraite. Le Sénat dispose de 1,5 milliard d’euros……

On croit rêver lorsque l’on entend les sénateurs dire que l’état doit réduire son train de vie….

Les sénateurs à la retraite mènent une belle vie: Pour la retraite, en 2007, la caisse de retraite des sénateurs a versé en 2007 24 millions d’euros. Il y a 1,7 retraité par cotisant. On a donc à peu près 583 sénateurs à la retraite et quand on divise 24 millions par 583, cela donne à peu près 41000 euros. Un sénateur à la retraite coute donc à peu près 41000 euros.

Indéniablement, si on mettait tous les sénateurs à la retraite, ils nous couteraient beaucoup moins cher.

 

Je ne parlerai pas des 170 millions dépensés pendant 6 mois pour la présidence de la France au niveau de l’Europe.

Jusques à quand ces sénateurs, ces députés, qui votent les lois continueront-ils à dépenser de manière inconsidérée nos impôts et notre richesse?

 

Enfin, il existe une commission chargée des comptes de campagne présidentielle. Elle est composée de 9 magistrats nommés par le conseil d’état, la cour de cassation et le conseil constitutionnel n’ont pas l’air de regarder de manière approfondie les comptes et les recettes des partis politiques. Il suffit de voir l’histoire d’Eric Woerth et de son prêt de 6500 euros ou il fait de fausses déclarations

 

 

 

 

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L’HISTOIRE D’AMOUR D’ALFRED DE MUSSET ET DE GEORGE SAND +La nuit de Mai – ALFRED DE MUSSET

  • L'HISTOIRE D'AMOUR D'ALFRED DE MUSSET ET DE GEORGE SAND +La nuit de Mai - ALFRED DE MUSSET dans amour george_sand11                                     Portrait d'Alfred de Musset
  • Portrait de George Sand                                                                    Portrait d’Alfred de Musset    

 

1833
En 1833, Musset rencontre George Sand et entame rapidement une liaison orageuse avec la romancière, de sept ans son aînée. Cette histoire d’amour, qui inspirera par la suite La Confession d’un enfant du siècle à Musset en 1836 et le roman Elle et Lui à Sand en 1859, dure de manière discontinue pendant deux années. Elle s’achève en 1835 lors d’un voyage en Italie au cours duquel George Sand entame une liaison avec le docteur Pagello, qui soigne alors Musset. Ce dernier restera profondément meurtri par cet échec sentimental

 

ALFRED  DE  MUSSET (1810-1857

 

 

Lettre d`amour de George Sand pour Alfred de Musset

 

 

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degrade_orange dans LITTERATURE
En apparence il s’agit d’une simple lettre d’amour. Pourtant, si vous lisez seulement une ligne sur deux, vous découvrez un texte caché, a ne pas mettre entre toutes les mains.
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Lettre de George Sand à Alfred de Musset :
<<<<
Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul,
et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
dont vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite
est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre.
<<<<<<
La réponse d’Alfred de Musset :
(Lire le premier mot de chaque ligne)
<<<<<<<<<
Quand je mets à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?
Vous avez capturé les sentiments d’un cour
Que pour vous adorer forma le Créateur.
Je vous chéris, amour, et ma plume en délire
Couche sur le papier ce que je n’ose dire.
Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
<<<<<<<<<
Et la réponse de George Sand :
(Lire le premier mot de chaque ligne)
<<<<<<<<
Cette insigne faveur que votre cour réclame
Nuit à ma renommée et répugne mon âme.
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CITATIONS

 

 

 

« A quoi sert de se quereller, quand le raccommodement est impossible ?

Le plaisir des disputes, c’est de faire la paix. »

 

On ne badine pas avec l’amour, 1834

__________________________________

 

 

« Aimer est le grand point, qu’importe la maîtresse  ?

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? « 

 

La Coupe et les Lèvres, 1830

 

« La bouche garde le silence

Pour écouter parler le cœur. »

 

La Nuit de mai, 1835

__________________

 

 

« Rien ne nous rend si grands qu’une grande douleur. »

 

La Nuit de mai, 1835

__________________

 

« Les plus désespérés sont les chants les plus beaux

Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots. »

 

La Nuit de mai, 1835

 

 

Depuis sa rupture définitive avec George Sand, Musset est resté muet, lorsqu’en mai 1835, il sent « qu’il a quelque chose dans l’âme qui demande à sortir. » En deux nuits et un jour, dans un élan d’enthousiasme créateur, il écrit cette « Nuit de Mai », « un des plus touchants et des plus sublimes cris d’un jeune coeur qui déborde », écrit Sainte-Beuve.

 

Cette volonté de fonder la poésie sur la sincérité totale fait que le poète se confond souvent avec l’homme. En exprimant son émotion individuelle, Musset éveille en nous de profonde résonances. Cette conception de la poésie explique peut-être que l’activité créatrice de Musset se soit tarie de bonne heure : il ne créait que dans les moments de vive émotion, vivait intensément et gaspilla son temps, sa force et sa santé…

 

 

 

La nuit de mai (1835)

 

LA MUSE

Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;
La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore,
Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ;
Et la bergeronnette, en attendant l’aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.

LE POÈTE

Comme il fait noir dans la vallée !
J’ai cru qu’une forme voilée
Flottait là-bas sur la forêt.
Elle sortait de la prairie ;
Son pied rasait l’herbe fleurie ;
C’est une étrange rêverie ;
Elle s’efface et disparaît.

LA MUSE

Poète, prends ton luth ; la nuit, sur la pelouse,
Balance le zéphyr dans son voile odorant.
La rose, vierge encor, se referme jalouse
Sur le frelon nacré qu’elle enivre en mourant.
Écoute ! tout se tait ; songe à ta bien-aimée.
Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée
Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux.
Ce soir, tout va fleurir : l’immortelle nature
Se remplit de parfums, d’amour et de murmure,
Comme le lit joyeux de deux jeunes époux.

LE POÈTE

Pourquoi mon coeur bat-il si vite ?
Qu’ai-je donc en moi qui s’agite
Dont je me sens épouvanté ?
Ne frappe-t-on pas à ma porte ?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M’éblouit-elle de clarté ?
Dieu puissant ! tout mon corps frissonne.
Qui vient ? qui m’appelle ? – Personne.
Je suis seul ; c’est l’heure qui sonne ;
Ô solitude ! ô pauvreté !

LA MUSE

Poète, prends ton luth ; le vin de la jeunesse
Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
Mon sein est inquiet ; la volupté l’oppresse,
Et les vents altérés m’ont mis la lèvre en feu.
Ô paresseux enfant ! regarde, je suis belle.
Notre premier baiser, ne t’en souviens-tu pas,
Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras ?
Ah ! je t’ai consolé d’une amère souffrance !
Hélas ! bien jeune encor, tu te mourais d’amour.
Console-moi ce soir, je me meurs d’espérance ;
J’ai besoin de prier pour vivre jusqu’au jour.

LE POÈTE

Est-ce toi dont la voix m’appelle,
Ô ma pauvre Muse ! est-ce toi ?
Ô ma fleur ! ô mon immortelle !
Seul être pudique et fidèle
Où vive encor l’amour de moi !
Oui, te voilà, c’est toi, ma blonde,
C’est toi, ma maîtresse et ma soeur !
Et je sens, dans la nuit profonde,
De ta robe d’or qui m’inonde
Les rayons glisser dans mon coeur.

LA MUSE

Poète, prends ton luth ; c’est moi, ton immortelle,
Qui t’ai vu cette nuit triste et silencieux,
Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle,
Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux.
Viens, tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire
Te ronge, quelque chose a gémi dans ton coeur ;
Quelque amour t’est venu, comme on en voit sur terre,
Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur.
Viens, chantons devant Dieu ; chantons dans tes pensées,
Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées ;
Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu,
Éveillons au hasard les échos de ta vie,
Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie,
Et que ce soit un rêve, et le premier venu.
Inventons quelque part des lieux où l’on oublie ;
Partons, nous sommes seuls, l’univers est à nous.
Voici la verte Écosse et la brune Italie,
Et la Grèce, ma mère, où le miel est si doux,
Argos, et Ptéléon, ville des hécatombes,
Et Messa la divine, agréable aux colombes,
Et le front chevelu du Pélion changeant ;
Et le bleu Titarèse, et le golfe d’argent
Qui montre dans ses eaux, où le cygne se mire,
La blanche Oloossone à la blanche Camyre.
Dis-moi, quel songe d’or nos chants vont-ils bercer ?
D’où vont venir les pleurs que nous allons verser ?
Ce matin, quand le jour a frappé ta paupière,
Quel séraphin pensif, courbé sur ton chevet,
Secouait des lilas dans sa robe légère,
Et te contait tout bas les amours qu’il rêvait ?
Chanterons-nous l’espoir, la tristesse ou la joie ?
Tremperons-nous de sang les bataillons d’acier ?
Suspendrons-nous l’amant sur l’échelle de soie ?
Jetterons-nous au vent l’écume du coursier ?
Dirons-nous quelle main, dans les lampes sans nombre
De la maison céleste, allume nuit et jour
L’huile sainte de vie et d’éternel amour ?
Crierons-nous à Tarquin :  » Il est temps, voici l’ombre !  »
Descendrons-nous cueillir la perle au fond des mers ?
Mènerons-nous la chèvre aux ébéniers amers ?
Montrerons-nous le ciel à la Mélancolie ?
Suivrons-nous le chasseur sur les monts escarpés ?
La biche le regarde ; elle pleure et supplie ;
Sa bruyère l’attend ; ses faons sont nouveau-nés ;
Il se baisse, il l’égorge, il jette à la curée
Sur les chiens en sueur son coeur encor vivant.
Peindrons-nous une vierge à la joue empourprée,
S’en allant à la messe, un page la suivant,
Et d’un regard distrait, à côté de sa mère,
Sur sa lèvre entr’ouverte oubliant sa prière ?
Elle écoute en tremblant, dans l’écho du pilier,
Résonner l’éperon d’un hardi cavalier.
Dirons-nous aux héros des vieux temps de la France
De monter tout armés aux créneaux de leurs tours,
Et de ressusciter la naïve romance
Que leur gloire oubliée apprit aux troubadours ?
Vêtirons-nous de blanc une molle élégie ?
L’homme de Waterloo nous dira-t-il sa vie,
Et ce qu’il a fauché du troupeau des humains
Avant que l’envoyé de la nuit éternelle
Vînt sur son tertre vert l’abattre d’un coup d’aile,
Et sur son coeur de fer lui croiser les deux mains ?
Clouerons-nous au poteau d’une satire altière
Le nom sept fois vendu d’un pâle pamphlétaire,
Qui, poussé par la faim, du fond de son oubli,
S’en vient, tout grelottant d’envie et d’impuissance,
Sur le front du génie insulter l’espérance,
Et mordre le laurier que son souffle a sali ?
Prends ton luth ! prends ton luth ! je ne peux plus me taire ;
Mon aile me soulève au souffle du printemps.
Le vent va m’emporter ; je vais quitter la terre.
Une larme de toi ! Dieu m’écoute ; il est temps.

LE POÈTE

S’il ne te faut, ma soeur chérie,
Qu’un baiser d’une lèvre amie
Et qu’une larme de mes yeux,
Je te les donnerai sans peine ;
De nos amours qu’il te souvienne,
Si tu remontes dans les cieux.
Je ne chante ni l’espérance,
Ni la gloire, ni le bonheur,
Hélas ! pas même la souffrance.
La bouche garde le silence
Pour écouter parler le coeur.

LA MUSE

Crois-tu donc que je sois comme le vent d’automne,
Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau,
Et pour qui la douleur n’est qu’une goutte d’eau ?
Ô poète ! un baiser, c’est moi qui te le donne.
L’herbe que je voulais arracher de ce lieu,
C’est ton oisiveté ; ta douleur est à Dieu.
Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s’élargir, cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t’ont faite au fond du coeur :
Rien ne nous rend si grands qu’une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s’abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte ;
En vain il a des mers fouillé la profondeur ;
L’Océan était vide et la plage déserte ;
Pour toute nourriture il apporte son coeur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s’affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d’horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant ;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Poète, c’est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s’égayer ceux qui vivent un temps ;
Mais les festins humains qu’ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d’espérances trompées,
De tristesse et d’oubli, d’amour et de malheur,
Ce n’est pas un concert à dilater le coeur.
Leurs déclamations sont comme des épées :
Elles tracent dans l’air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

LE POÈTE

Ô Muse ! spectre insatiable,
Ne m’en demande pas si long.
L’homme n’écrit rien sur le sable
À l’heure où passe l’aquilon.
J’ai vu le temps où ma jeunesse
Sur mes lèvres était sans cesse
Prête à chanter comme un oiseau ;
Mais j’ai souffert un dur martyre,
Et le moins que j’en pourrais dire,
Si je l’essayais sur ma lyre,
La briserait comme un roseau.

 

 

 

 

 

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