Archive pour juin, 2012

LE ROMANTISME EN MUSIQUE

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Musique romantique

  Berlioz par Signol, 1832   

   Paganini par Ingres  1819

 

 

L’expression musique romantique désigne la période de l’histoire de la musique qui s’échelonne du début du XIXe jusqu’au tout début du XXe. La musique, comme la peinture, est influencée par le romantisme qui, à l’origine, est un mouvement littéraire.

La musique romantique vise à susciter l’émotion, à bouleverser. Le piano-forte, en remplaçant le clavecin, permet désormais d’exploiter de puissants contrastes de dynamique. De la même façon, l’orchestration devient de plus en plus audacieuse et élaborée, d’autant plus que certains instruments, comme par exemple le cor, sont modifiés par les facteurs d’instruments de manière à devenir plus maniables. Les sonorités inventées par les romantiques sont particulièrement colorées et évocatrices, davantage en tout cas que chez des classiques comme Joseph Haydn ou Wolfgang Amadeus Mozart. À la jonction de ces deux courants se situe la puissante personnalité de Ludwig van Beethoven, dont les premières œuvres se rattachent à l’esthétique classique tandis que celles de sa maturité doivent être considérées comme le début du romantisme musical.

Tout au long du XIXe siècle, la musique romantique conservera dans ses caractéristiques une certaine continuité, une homogénéité temporelle de style, que les autres formes artistiques du romantisme ne connurent pas. À la base de cette continuité se trouve peut-être une idéologie philosophique : la musique devenait enfin une réelle forme d’art. La musique commençait à prendre une toute autre dimension : elle n’était désormais plus considérée comme un art mineur, œuvre d’artisans. Par conséquent, ce qui caractérise la musique romantique est surtout l’individualité dans les styles

 

 

  1. Il 1 novembre 2008 a Palazzo Tursi (Genova) è stata consegnata…

  2. Johannes Brahms : Danse Hongroise n° 5 Transcription et arran…

  1. Frederic Chopin Chopin Valse N°17 En La Mineur,,,=Georges Czi…

 

More: www.ilmondoclassico.blogspot.com Berliner Philharmonike…

1978 Vladimir Horowitz TV concert from the White House.

 

 

I created this video at http://www.youtube.com/editor

 

Academic Symphony Orchestra of the National Philharmonic of Uk.

 

Les formes de la musique romantique

  • La symphonie

Portée au plus haut degré par Ludwig van Beethoven, la symphonie devient la forme la plus prestigieuse à laquelle se consacrent de nombreux compositeurs. Les plus conservateurs respectent le modèle beethovénien : ainsi de Franz Schubert, Felix Mendelssohn-Bartholdy, Robert Schumann ou de Johannes Brahms. D’autres font preuve d’une imagination qui leur fait dépasser ce cadre, dans la forme ou dans l’esprit : le plus audacieux d’entre eux est Hector Berlioz.

Enfin, certains vont par delà raconter une histoire tout au long de leurs symphonies ; tels Franz Liszt, ils vont créer le poème symphonique, nouveau genre musical, généralement composé d’un unique mouvement et inspiré par un thème, un personnage ou un texte littéraire. Puisque le poème symphonique est articulé autour d’un leitmotiv (motif musical permettant d’identifier un personnage, le héros par exemple), il est à rapprocher de la musique à programme symphoniques.

  • Le lied

Ce genre musical est apparu avec l’évolution du pianoforte vers le piano au cours de la période romantique. Le lied est une musique vocale accompagnée le plus souvent par cet instrument. Le chant est tiré de poèmes romantiques et ce style permet de rapprocher le plus possible la voix des sentiments. L’un des premiers et des plus célèbres compositeurs de lieder, est Franz Schubert, cependant beaucoup d’autres compositeurs romantiques se sont adonnés au genre du lied comme Robert Schumann, Johannes Brahms, Hugo Wolf et Gustav Mahler.

  • Le concerto

C’est Beethoven qui inaugure le Concerto romantique, avec ses cinq concertos pour piano (surtout le cinquième) et son concerto pour violon. Son exemple est suivi par de nombreux compositeurs : le concerto rivalise avec la symphonie dans le répertoire des grandes formations orchestrales.

Enfin, le concerto va permettre à des compositeurs instrumentistes de révéler leur virtuosité, tels Niccolò Paganini au violon, et Frédéric Chopin ou Franz Liszt au piano.

 

 

  1. Piotr Ilyich TCHIKOVSKY scène finale acte 3 le Lac des Cygnes,..

  2. This is the first movement of Beethoven’s 5th symphony.

 

 

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le romantisme en peinture

 

Romantisme le romantisme en peinture dans art spacer(voir le tableau chronologique des mouvements)
spacer dans peinture

 

Définition du mouvement « Romantisme »
Apparu tout d’abord dans la littérature vers la fin du XVIIIème siècle en Angleterre (Constable), le romantisme s’étendra sur toute l’Europe durant le XIXème siècle. Le mouvement romantique se base sur le rejet du rationalisme et du classicisme, s’affranchissant de l’étroite réalité et du froid bon sens. On y préfère l’atmosphère propice aux rêves que l’on trouve dans les romans, on aspire plus à l’idéal, aux sentiments, à l’exotisme, au mystère et à l’imagination qu’à la morne existence journalière. La couleur y acquiert un côté symbolique.On retrouvera toutes ces valeurs dans la littérature, la peinture et la musique. Pour l’école française, les élèves du peintre David seront les grands acteurs de ce mouvement, à commencer par Géricault, Delacroix, Gros et Blake.

http://www.grandspeintres.com/mouvements/romantisme.php

Comme en littérature et en musique, la peinture romantique se caractérise par son goût pour la dramatisation.

De fait, alors que des peintres plus classiques comme Ingres continuent de mettre l’accent sur la clarté du dessin et de la composition (cf. par exemple L’ Apothéose d’Homère où la distribution des personnages est particulièrement bien équilibrée), les romantiques vont préférer soigner l’intensité des couleurs. C’est ainsi que Delacroix, notamment dans Le Massacre de Scio, a scandalisé tout autant par la crudité des couleurs employées que par le sujet.

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Goya, 1814
Friedrich, 1818
Gericault ,1819
Delacroix ,1824

cliquez sur les tableaux ci-dessus pour les agrandir, et lire les explications qui s’y rattachent

 

À ce propos d’ailleurs, les romantiques n’hésitent plus à montrer des scènes violentes, propres à bousculer le public, quitte même à s’inspirer, comme dans le cas du Massacre, de la réalité la plus brutale.

Dans la Fusillade du 3 mai 1808, Goya dramatise son sujet en jouant sur le contraste entre la lumière où se trouvent les paysans espagnols et les ténèbres où sont rejetés les oppresseurs, les soldats de l’armée napoléonienne. Les attitudes physiques des Espagnols sont particulièrement expressives, l’un rejetant ses bras en l’air alors qu’un autre a la tête entre les mains. Les taches de couleurs (cf. le pantalon jaune, la chemise blanche, ainsi que le rouge du sang) accentuent encore la puissance de la toile.

La peinture romantique a imposé de nouveaux thèmes comme l’exotisme et a renouvelé l’intérêt des artistes pour la nature. Il a aussi accordé, une importance accrue aux couleurs. Mais c’est sans doute en faisant du peintre un visionnaire, un créateur au sens plein du terme, que le romantisme a ouvert la voie menant à l’art moderne.

QU’EST-CE QUE LE ROMANTISME ?

Le romantisme n’est précisément ni dans le choix des sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir. Ils l’ont cherché en dehors, et c’est en dedans qu’il était seulement possible de le trouver. Pour moi, le romantisme est l’expression la plus récente, la plus actuelle du beau(…) Qui dit romantisme dit art moderne, – c’est-à-dire intimité, spiritualité, couleur, aspiration vers l’infini, exprimées par tous les moyens que contiennent les arts. (Baudelaire, salon de 1846)

 

Le marche au Poisson – BONINGTON

invisible Richard Parkes Bonington  - Marché de poissons près de Boulogne

Le moulin de FLATFOR – JOHN CONSTABLE

http://www.artliste.com/moulin-flatford-john-constable-49-1324-iphone.jpg

 

 

Cette oeuvre est faite par Caspar David Friedrich, en 1818

Les images peuvent être soumises à des droits d’auteur.

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WILLIAM TURNER – VENISE  LA GRAND CANAL
 William Turner - Venise, grand Canal

WILLIAM TURNER – VENISE  LE GRAND CANAL

.
Eugène Delacroix, le célèbre peintre, a peint une multitude de toile pendant sa vie, dont La mer à Dieppe, que vous pouvez contempler ici.
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JEAN-JACQUES ROUSSEAU LE ROMANTIQUE

 

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Poésies!
Jean-Jacques Rousseau
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Le Romantique
1712-1778
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POESIES
Les rêveries du promeneur solitaire
Julie Ou La Nouvelle Héloïse

LETTRES ET PROSES DIVERSES
Les Confessions.
Lettres Ecrites De La Montagne.
Du Contrat Social.
Emile Ou De L’éducation.
Discours Sur Les Sciences Et Les Arts.
Dissertation Sur La Musique Moderne.
Lettre A Christophe De Beaumont.
Discours Sur L’Origine Et Les Fondements De L’Inégalité.
Lettre A Voltaire Sur La Providence.
Lettres A M. De Malesherbes.

 

Julie Ou La Nouvelle Héloïse.


Lettres De Deux Amants Habitants D’Une Petite Ville Au Pied Des Alpes

Par Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)


TABLE DES MATIERE
Préface
Première Partie.
Deuxième partie
Troisième partie
Quatrième partie
Cinquième partie
Sixième partie
Appendice


Préface.

Il faut des spectacles dans les grandes villes, et des romans aux peuples corrompus. J’ai vu les moeurs de mon temps, et j’ai publié ces lettres. Que n’ai-je vécu dans un siècle où je dusse les jeter au feu! Quoique je ne porte ici que le titre d’éditeur, j’ai travaillé moi-même à ce livre, et je ne m’en cache pas. Ai-je fait le tout, et la correspondance entière est-elle une fiction? Gens du monde, que vous importe? C’est sûrement une fiction pour vous. Tout honnête homme doit avouer les livres qu’il publie. Je me nomme donc à la tête de ce recueil, non pour me l’approprier, mais pour en répondre. S’il y a du mal, qu’on me l’impute; s’il y a du bien, je n’entends point m’en faire honneur. Si le livre est mauvais, j’en suis plus obligé de le reconnaître: je ne veux pas passer pour meilleur que je ne suis. Quant à la vérité des faits, je déclare qu’ayant été plusieurs fois dans le pays des deux amants, je n’y ai jamais ouï parler du baron d’Etange, ni de sa fille, ni de M. d’Orbe, ni de milord Edouard Bomston, ni de M. de Wolmar. J’avertis encore que la topographie est grossièrement altérée en plusieurs endroits, soit pour mieux donner le change au lecteur, soit qu’en effet l’auteur n’en sût pas davantage. Voilà tout ce que je puis dire. Que chacun pense comme il lui plaira. Ce livre n’est point fait pour circuler dans le monde, et convient à très peu de lecteurs. Le style rebutera les gens de goût; la matière alarmera les gens sévères; tous les sentiments seront hors de la nature pour ceux qui ne croient pas à la vertu. Il doit déplaire aux dévots, aux libertins, aux philosophes; il doit choquer les femmes galantes, et scandaliser les honnêtes femmes. A qui plaira-t-il donc? Peut-être à moi seul; mais à coup sûr il ne plaira médiocrement à personne. Quiconque veut se résoudre à lire ces lettres doit s’armer de patience sur les fautes de langue, sur le style emphatique et plat, sur les pensées communes rendues en termes ampoulés; il doit se dire d’avance que ceux qui les écrivent ne sont pas des Français, des beaux-esprits, des académiciens, des philosophes; mais des provinciaux, des étrangers, des solitaires, de jeunes gens, presque des enfants, qui, dans leurs imaginations romanesques, prennent pour de la philosophie les honnêtes délires de leur cerveau. Pourquoi craindrais-je de dire ce que je pense? Ce recueil avec son gothique ton convient mieux aux femmes que les livres de philosophie. Il peut même être utile à celles qui, dans une vie déréglée, ont conservé quelque amour pour l’honnêteté. Quant aux filles, c’est autre chose. Jamais fille chaste n’a lu de romans, et j’ai mis à celui-ci un titre assez décidé pour qu’en l’ouvrant on sût à quoi s’en tenir. Celle qui, malgré ce titre, en osera lire une seule page est une fille perdue; mais qu’elle n’impute point sa perte à ce livre, le mal était fait d’avance. Puisqu’elle a commencé, qu’elle achève de lire: elle n’a plus rien à risquer. Qu’un homme austère, en parcourant ce recueil, se rebute aux premières parties, jette le livre avec colère, et s’indigne contre l’éditeur, je ne me plaindrai point son injustice; à sa place, j’en aurais pu faire autant. Que si, après l’avoir lu tout entier, quelqu’un m’osait blâmer de l’avoir publié, qu’il le dise, s’il veut, à toute la terre; mais qu’il ne vienne pas me le dire; je sens que je ne pourrais de ma vie estimer cet homme-là. Lettres de deux amants habitants d’une petite ville au pied des Alpes

 

Lettre I à Julie.

 

Il faut vous fuir, mademoiselle, je le sens bien: j’aurais dû beaucoup moins attendre; ou plutôt il fallait ne vous voir jamais. Mais que faire aujourd’hui? Comment m’y prendre? Vous m’avez promis de l’amitié; voyez mes perplexités, et conseillez-moi. Vous savez que je ne suis entré dans votre maison que sur l’invitation de madame votre mère. Sachant que j’avais cultivé quelques talents agréables, elle a cru qu’ils ne seraient pas inutiles, dans un lieu dépourvu de maîtres, à l’éducation d’une fille qu’elle adore. Fier, à mon tour, d’orner de quelques fleurs un si beau naturel, j’osai me charger de ce dangereux soin, sans en prévoir le péril, ou du moins sans le redouter. Je ne vous dirai point que je commence à payer le prix de ma témérité: j’espère que je ne m’oublierai jamais jusqu’à vous tenir des discours qu’il ne vous convient pas d’entendre, et manquer au respect que je dois à vos moeurs encore plus qu’à votre naissance et à vos charmes. Si je souffre, j’ai du moins la consolation de souffrir seul, et je ne voudrais pas d’un bonheur qui pût coûter au vôtre. Cependant je vous vois tous les jours, et je m’aperçois que, sans y songer, vous aggravez innocemment des maux que vous ne pouvez plaindre, et que vous devez ignorer. Je sais, il est vrai, le parti que dicte en pareil cas la prudence au défaut de l’espoir; et je me serais efforcé de le prendre, si je pouvais accorder en cette occasion la prudence avec l’honnêteté; mais comment me retirer décemment d’une maison dont la maîtresse elle-même m’a offert l’entrée, où elle m’accable de bontés, où elle me croit de quelque utilité à ce qu’elle a de plus cher au monde? Comment frustrer cette tendre mère du plaisir de surprendre un jour son époux par vos progrès dans des études qu’elle lui cache à ce dessein? Faut-il quitter impoliment sans lui rien dire? Faut-il lui déclarer le sujet de ma retraite, et cet aveu même ne l’offensera-t-il pas de la part d’un homme dont la naissance et la fortune ne peuvent lui permettre d’aspirer à vous? Je ne vois, mademoiselle, qu’un moyen de sortir de l’embarras où je suis; c’est que la main qui m’y plonge m’en retire; que ma peine, ainsi que ma faute, me vienne de vous; et qu’au moins par pitié pour moi vous daigniez m’interdire votre présence. Montrez ma lettre à vos parents, faites-moi refuser votre porte, chassez-moi comme il vous plaira; je puis tout endurer de vous, je ne puis vous fuir de moi-même. Vous, me chasser! moi, vous fuir! et pourquoi? Pourquoi donc est-ce un crime d’être sensible au mérite, et d’aimer ce qu’il faut qu’on honore? Non, belle Julie; vos attraits avaient ébloui mes yeux, jamais ils n’eussent égaré mon coeur sans l’attrait plus puissant qui les anime. C’est cette union touchante d’une sensibilité si vive et d’une inaltérable douceur; c’est cette pitié si tendre à tous les maux d’autrui; c’est cet esprit juste et ce goût exquis qui tirent leur pureté de celle de l’âme; ce sont, en un mot, les charmes des sentiments, bien plus que ceux de la personne, que j’adore en vous. Je consens qu’on vous puisse imaginer plus belle encore; mais plus aimable et plus digne du coeur d’un honnête homme, non, Julie, il n’est pas possible. J’ose me flatter quelquefois que le ciel a mis une conformité secrète entre nos affections, ainsi qu’entre nos goûts et nos âges. Si jeunes encore, rien n’altère en nous les penchants de la nature, et toutes nos inclinations semblent se rapporter. Avant que d’avoir pris les uniformes préjugés du monde, nous avons des manières uniformes de sentir et de voir; et pourquoi n’oserais-je imaginer dans nos coeurs ce même concert que j’aperçois dans nos jugements? Quelquefois nos yeux se rencontrent; quelques soupirs nous échappent en même temps; quelques larmes furtives… ô Julie! si cet accord venait de plus loin… si le ciel nous avait destinés… toute la force humaine… Ah! pardon! je m’égare: j’ose prendre mes voeux pour de l’espoir; l’ardeur de mes désirs prête à leur objet la possibilité qui lui manque. Je vois avec effroi quel tourment mon coeur se prépare. Je ne cherche point à flatter mon mal; je voudrais le haïr, s’il était possible. Jugez si mes sentiments sont purs par la sorte de grâce que je viens vous demander. Tarissez, s’il se peut, la source du poison qui me nourrit et me tue. Je ne veux que guérir ou mourir, et j’implore vos rigueurs comme un amant implorerait vos bontés. Oui, je promets, je jure de faire de mon côté tous mes efforts pour recouvrer ma raison, ou concentrer au fond de mon âme le trouble que j’y sens naître: mais, par pitié, détournez de moi ces yeux si doux qui me donnent la mort; dérobez aux miens vos traits, votre air, vos bras, vos mains, vos blonds cheveux, vos gestes; trompez l’avide imprudence de mes regards; retenez cette voix touchante qu’on n’entend point sans émotion; soyez hélas! une autre que vous-même, pour que mon coeur puisse revenir à lui. Vous le dirai-je sans détour? Dans ces jeux que l’oisiveté de la soirée engendre, vous vous livrez devant tout le monde à des familiarités cruelles; vous n’avez pas plus de réserve avec moi qu’avec un autre. Hier même, il s’en fallut peu que, par pénitence, vous ne me laissassiez prendre un baiser: vous résistâtes faiblement. Heureusement que je n’eus garde de m’obstiner. Je sentis à mon trouble croissante que j’allais me perdre, et je m’arrêtai. Ah! si du moins je l’eusse pu savourer à mon gré, ce baiser eût été mon dernier soupir, et je serais mort le plus heureux des hommes. De grâce, quittons ces jeux qui peuvent avoir des suites funestes. Non, il n’y en a pas un qui n’ait son danger, jusqu’au pus puéril de tous. Je tremble toujours d’y rencontrer votre main, et je ne sais comment il arrive que je la rencontre toujours. A peine se pose-t-elle sur la mienne qu’un tressaillement me saisit; le jeu me donne la fièvre ou plutôt le délire: je ne vois, je ne sens pus rien; et, dans ce moment d’aliénation, que dire, que faire, où me cacher, comment répondre de moi? Durant nos lectures, c’est un autre inconvénient. Si je vous vois un instant sans votre mère ou sans votre cousine, vous changez tout à coup de maintien; vous prenez un air si sérieux, si froid, si glacé, que le respect et la crainte de vous déplaire m’ôtent la présence d’esprit et le jugement, et j’ai peine à bégayer en tremblant quelques mots d’une leçon que toute votre sagacité vous fait suivre à peine. Ainsi, l’inégalité que vous affectez tourne à la fois au préjudice de tous deux; vous me désolez et ne vous instruisez point, sans que je puisse concevoir quel motif fait ainsi changer d’humeur une personne si raisonnable. J’ose vous le demander, comment pouvez-vous être si folâtre en public, et si grave dans le tête-à-tête? Je pensais que ce devait être tout le contraire, et qu’il fallait composer son maintien à proportion du nombre des spectateurs. Au lieu de cela, je vous vois, toujours avec une égale perplexité de ma part, le ton de cérémonie en particulier, et le ton familier devant tout le monde: daignez être plus égale, peut-être serai-je moins tourmenté. Si la commisération naturelle aux âmes bien nées peut vous attendrir sur les peines d’un infortuné auquel vous avez témoigné quelque estime, de légers changements dans votre conduite rendront sa situation moins violente, et lui feront supporter plus paisiblement et son silence et ses maux. Si sa retenue et son état ne vous touchent pas, et que vous vouliez user du droit de le perdre, vous le pouvez sans qu’il murmure: il aime mieux encore périr par votre ordre que par un transport indiscret qui le rendît coupable à vos yeux. Enfin, quoi que vous ordonniez de mon sort, au moins n’aurai-je point à me reprocher d’avoir pu former un espoir téméraire; et si vous avez lu cette lettre, vous avez fait tout ce que j’oserais vous demander, quand même je n’aurais point de refus à craindre.

 

Si vous appréciez cette littérature, et le style de J-J  ROUSSEAU  vous pourrez  lire les lettres suivantes sur :

http://www.poesies.net/rousseau.html

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) – La Nouvelle Héloïse – Prem… il y a 1 an

 

Qui écrirait avec autant de talent aujourd’hui, avec  autant  d’élégance ?

 

 

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le contrat social – JEAN-JACQUES ROUSSEAU

Jean-Jacques Rousseau

Philosophe occidental

Époque moderne des Lumières

Description de cette image, également commentée ci-après

Pastel de Maurice Quentin de La Tour, Jean-Jacques Rousseau, en 1753, (alors âgé de 41 ans)

Données clés
Naissance 28 juin 1712
Flag of Canton of Geneva.svg République de Genève
Décès 2 juillet 1778 (à 66 ans)
Ermenonville,
Royaume de France Royaume de France
École/tradition Contractualisme, précurseur du romantisme
Principaux intérêts Politique, éducation, éthique, religion, musique, botanique
Idées remarquables État de nature, contrat social, perfectibilité
Influencé par Plutarque, Machiavel, Hobbes, Descartes, Locke, Malebranche
A influencé Kant, Maistre, Robespierre, Wollstonecraft, Schiller, Fichte, Hegel, George Sand, Lévi-Strauss, Rawls, Émile Durkheim
Adjectifs dérivés rousseauiste

Le Contrat  Social et l’idée de

démocratie chez Rousseau

 

 

Le Contrat social a parfois été considéré comme le texte fondateur de la République française, non sans malentendus ou a titre d’accusation  de la part des opposants à la République. On s’est surtout attaché à sa théorie de la souveraineté : celle-ci appartient au peuple et non à un monarque ou à un corps particulier.

Assurément, c’est chez Rousseau qu’il faut chercher les sources de la conception française de la volonté générale : contrairement aux théories politiques anglo-saxonnes, Rousseau ne considère pas la volonté générale comme la somme des volontés particulières — c’est-à-dire la volonté de tous -, mais comme ce qui procède de l’intérêt commun : « ôtez [des volontés particulières] les plus et les moins qui s’entre-détruisent, reste pour somme des différences la volonté générale ».

Dans le Contrat social, Rousseau cherche le fondement d’une autorité légitime parmi les hommes.

Il s’agit pour lui de définir à quelles conditions l’homme peut se soumettre à une autorité, ici de nature politique, sans rien perdre de sa liberté.

L’homme étant naturellement libre, ce fondement ne peut être qu’une convention. Comment les hommes peuvent-ils associer leurs forces, sans renoncer pour autant à la liberté ? Tel est le problème du contrat social, énoncé en ces termes :

« Trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s’unissant à tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même, et reste aussi libre qu’auparavant ».

On oublie souvent que Rousseau destinait son Contrat social à de petits États.

Il s’inspirait de deux modèles, l’un antique (la cité grecque, notamment Sparte alors tenue pour démocratique), l’autre moderne (la République de Genève).

Rousseau s’opposait à l’opinion de la majeure partie des « Philosophes » qui admiraient souvent les institutions anglaises, modèle d’équilibre des pouvoirs loué par Montesquieu et Voltaire.

Parmi ses écrits politiques51 Rousseau a été mandaté par la république de Gênes afin de donner une Constitution à la Corse où le « small is beautiful » est souligné car il se base sur le fonctionnement institutionnel de la Confédération Helvétique de son époque.

Il a aussi étudié le fonctionnement du gouvernement de la Pologne.

Rousseau s’opposait également avec force au principe de la démocratie représentative et lui préférait une forme de démocratie directe, calquée sur le modèle antique.

Se borner à voter, c’était, selon lui, disposer d’une souveraineté qui n’était qu’intermittente.

Il moque ainsi le système électoral alors en cours en Angleterre, en affirmant que le peuple n’y est libre que le jour des élections, et esclave sitôt que ses représentants sont élus52.

Sa critique envers l’idée de représentation de la volonté est donc sévère :

« La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu.

Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ;

Définition de COMMISSAIRE : celui qui est chargé de fonctions temporaires

ils ne peuvent rien conclure définitivement », concluant que

« Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi »53.

 

En revanche, il s’oppose à la diffusion massive des savoirs, comme le montre son Discours sur les sciences et les arts car il y voit la cause de la décadence moderne.

Le modèle de Rousseau est bien plus Sparte, cité martiale, dont le modèle entretenait déjà quelque rapport avec la cité de La République de Platon, qu’Athènes, cité démocratique, bavarde et cultivée.

Certains critiques, comme l’universitaire américain Lester G. Crocker54, particulièrement sensibles au modèle d’autarcie et d’unité nationales de Rousseau, lui ont reproché d’avoir favorisé le totalitarisme moderne. Cette opinion est minoritaire, mais elle témoigne de la force polémique qu’ont encore de nos jours les écrits du « Citoyen de Genève ».

source : WIKIPEDIA. e

 

Il est vrai que lors d’une élection, le peuple donne un chèque en blanc aux élus, pour la suite de leur mandat.

Il faut vraiment avois confiance !… C’est bien là le problème, car cette confiance est souvent trompée .

 

 

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INSTANT POESIE – Vingt ans – Sully Prud’homme + Leo Ferre qui chante « Vingt ans »

  • « VINGT ANS »  Vu par un poète du 19e siècle

 

A VINGT ANS

À vingt ans on a l’oeil difficile et très fier :
On ne regarde pas la première venue,
Mais la plus belle ! Et, plein d’une extase ingénue,
On prend pour de l’amour le désir né d’hier.

Plus tard, quand on a fait l’apprentissage amer,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
Et d’autres, d’une grâce autrefois méconnue,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.

Mais on ne fait jamais que changer d’infortune :
À l’âge où l’on croyait n’en pouvoir aimer qu’une,
C’est par elle déjà qu’on apprit à souffrir ;

Puis, quand on reconnaît que plus d’une est charmante,
On sent qu’il est trop tard pour choisir une amante
Et que le coeur n’a plus la force de s’ouvrir.

 

« VINGT ANS » vu par un poète du 20e siècle

 

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